Entrepreneuriat

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Au départ en Afrique, l’école et les programmes d’enseignement ont été conçus par le colon pour produire des ressources humaines capables de l’accompagner dans la gestion des administrations publiques (il fallait savoir parler et écrire sa langue, puis être en mesure d’assumer d’autres tâches telles que : secrétariat, comptabilité, récolte des impôts, enseigner dans les écoles, soigner les malades…).

Par la suite, avec l’implantation des entreprises coloniales en Afrique, il fallait introduire d’autres programmes d’enseignement ou de formation, pour former des ressources humaines aptes à être employées dans les entreprises. C’est ainsi que des programmes non professionnels (comme finance-comptabilité, ressources humaines, marketing, gestion commerciale, audit, communication d’entreprise, management, logistique, assistante de direction, banque-finance…) et des programmes professionnels (comme électricité, menuiserie, mécaniques, technicien de bâtiment…) ont été introduits pour accompagner le colon dans la gestion des entreprises publiques et privées. L’objectif étant de produire des ressources humaines (employés) pour l’administration publique et les entreprises publiques et privées.

Tous ces programmes et formations ont été faits au détriment des activités des populations africaines. A savoir au détriment de l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, les activités culturelles, la médecine traditionnelle et l’alimentation naturelle…

Nulle part l’école et les programmes de formation ont été conçus et peuvent permettre aux populations d’entreprendre et de créer des entreprises.

Par contre, tout le monde s’accorde à dire que la jeunesse qui sort de cette école, doit entreprendre. Mais comment elle pourra le faire ?

De nos jours toutes les écoles persistent et développent des programmes nouveaux pour former des jeunes conforment à la demande et aux besoins des entreprises. Mais quelles entreprises ? Elles sont combien dans nos pays ?

--------------------------------------------------------------------------- Au lieu d’accuser la jeunesse à tort ou à raison et lui exiger de prendre des initiatives pour créer des entreprises malgré qu’elle sort d’une école qui l’a complètement déformée, nous devrons aussi être mesure de réfléchir et de produire une jeunesse courageuse et entreprenante !
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Au Burkina Faso, en 2018 pour les concours de la fonction publique, il y avait environ 1 300 000 candidatures pour environ 6 000 places. Cela démontre qu’au Burkina Faso comme dans bien de pays africains :

- Soit il n’y a pas assez d’entreprises pour absorber les demandeurs d’emplois (la jeunesse) ;
- Soit la jeunesse ne croit pas en sa capacité de s’auto-employer ou d’entreprendre, ou peut-être qu’elle n’est pas en mesure de le faire car l’école ne lui a pas appris à le faire ;
- Il y a une cause profonde qui empêche ou limite l’employabilité et l'entrepreneuriat des jeunes ;
- Les places pour la fonction publique sont très limitées.
Il faut sans doute reformer l’école et ses programmes, c’est-à-dire d’aller des réalités du chômage et de la pauvreté, pour définir des programmes qui permettent aux jeunes de créer des entreprises et de développer le secteur privé.
Il faut parmi ces programmes, oser former des entrepreneurs professionnels (l’entrepreneur professionnel est différent du professionnel de métier).

Tel que nous accusons à tort ou à raison la jeunesse et lui exigeons de prendre des initiatives pour créer des entreprises malgré qu’elle sort d’une école qui l’a complètement déformée, nous (autorités, formateurs, acteurs de l’éducation…) devrons aussi être mesure de réfléchir et de produire une jeunesse qui s’oriente librement et volontairement vers la création des entreprises.
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